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Maison de la forêt | Un adhérent du Syndicat réagit suite au documentaire France 5 « Menaces sur la Forêt Française »
Le Syndicat des Sylviculteurs du Sud Ouest rassemble plus de 6000 adhérents. Le syndicat veille aux intérêts des propriétaires sylviculteurs contre toute application abusive ou disciminatoire des textes législatifs et réglementaires. Le syndicat propose également des orientations et réformes nécessaires pour dynamiser la forêt cultivée. Maison de la Forêt 6 Parvis des Chartrons 33075 Bordeaux Cedex.
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Un adhérent du Syndicat réagit suite au documentaire France 5 « Menaces sur la Forêt Française »

Un adhérent du Syndicat réagit suite au documentaire France 5 « Menaces sur la Forêt Française »

Messieurs,

En tant que sylviculteur, l’émission sur le bois énergie utilisé à Gardanne ou dans les autres centrales électriques à charbon reconverties à la biomasse (DRAX…) a retenu toute mon attention. Evidemment, le fait que ces centrales utilisent du bois de forêts humides (mangroves) ou protégées est inadmissible. De tels faits relèvent de la délinquance et doivent être punis par la loi car, ici comme aux USA ou au Canada, les zones humides sont protégées et les ripisylves ne doivent pas être exploitées à moins de 10 m des cours d’eau. E.ON s’est d’ailleurs engagé à respecter le nouveau règlement de l’Union Européenne qui prévoit une analyse de risque d’illégalité et de non-durabilité, ainsi que des engagements d’éco-certification FSC ou PEFC. Bien sûr, il faudra que ces contrôles qui figurent de manière contraignante dans le contrat CRE que E.ON a signé soient effectifs et sérieux, ce qui reste à préciser et à communiquer.

Ensuite, l’émission nous a montré plusieurs écologistes et leurs arguments, tous plus faux les uns que les autres : Dégradation des paysages, pollution, industrialisation de l’exploitation forestière, destruction de la biodiversité : un désastre pour la forêt ! Premiers exportateurs mondiaux de granulés de bois, les Etats-Unis et le Canada seraient aussi les pays qui ont perdu le plus de surfaces boisées au monde. C’est faux, la surface forestière en Amérique du Nord est stable en superficie sur 20 ans et son stock de carbone dans la biomasse forestière augmente !

Voir le rapport de la FAO 2010 http://www.fao.org/docrep/013/i1757f/i1757f.pdf

Le comble a été atteint lorsque ce pseudo-chercheur affirme que le bois énergie n’est pas renouvelable et est « pire que le charbon !!! »

Par contre :

  • Rien sur l’énorme gaspillage de la forêt Française ou 40 % de la production biologique de bois pourrit sur pied ou brûle dans les incendies. Le CEMAGREF dans son étude de disponibilité de bois énergie en France sur la période 2006 > 2016 a évalué à 18 millions de tonnes/an la disponibilité de bois énergie.
  • Gardanne consomme 855.000 tonnes/an de bois ; dont 450 000 tonnes de bois Français dans un premier temps, le reste (40 %) étant importé comme prévu pour ne pas déstabiliser la filière locale. Cette consommation de bois français représentant seulement 10 % du gisement local non valorisé.
  • Il brûle chaque année en forêt méditerranéenne 450 000 tonnes de bois dans les incendies de forêts. Face à la faible efficacité politique anti-feu depuis 50 ans, ne vaut-il pas mieux comme l’explique si bien F. DROUARD, rédacteur en chef de la revue « BIOENERGIE INTERNATIONAL » (N° 33) dans son excellent article très documenté sur cette centrale : « …brûler sans délai ce bois sans débouché avec une efficacité de 40 à 50 % (Et non 30 ou 20 % comme le prétendent les écologistes !) plutôt que d’attendre qu’il brûle dans la nature, défigurant les paysages, polluant l’atmosphère, appauvrissant la biodiversité, nuisant au tourisme et asséchant les finances publiques ? »  En effet, l’exemple de la forêt landaise avec sa DFCI montre clairement que la prévention vaut mieux que le curatif !

 

La conversion de cette centrale du charbon au bois a 4 objectifs majeurs :

  1. Maintenir la production électrique de la région PACA déficitaire en réduisant le recours au charbon
  2. Eviter la fermeture de ce site industriel et la perte d’emplois associés
  3. Contribuer à l’objectif du pays en matière de production d’électricité renouvelable à 2020.
  4. Convertir la charge onéreuse et récurrente des feux de forêts en source d’énergie génératrice de nouveaux emplois ; ruraux pour la plupart.

 

La conversion du charbon au bois de la centrale E.ON de Gardanne répond à ces 4 objectifs rapidement et à moindre coût, dynamise la forêt méditerranéenne et crée de nombreux emplois ruraux non délocalisables.

Mais le summum a été atteint à la 23ème minute avec ce gros mensonge : « Le bois ne contribue en rien à la transition énergétique ».

La réalité :

  • Les forêts vierges, les mangroves, les forêts de protections ou les parcs naturels (protégées et non exploitables) ne sont nullement des puits de carbone car elles sont « à l’équilibre ». (Il y a autant de bois qui meurt en relargant du carbone dans l’atmosphère que de bois qui pousse en captant autant de carbone dans l’air). Mais ce sont des réservoir de biodiversité et il faut les protéger.
  • Seules, les forêts cultivées, sont de véritables puits ou, comme disait J.L. Martres, des « Pompes à Carbone »
  • L’argument des écologistes qui avancent que « brûler du bois augmenterait les émissions de CO2«  est faux. Il faut évidemment raisonner en termes de flux global et non arbre par arbre ou parcelle par parcelle. En France, on ne consomme en gros que la moitié du bois qui pousse (croissance biologique de nos forêts) pour stocker du carbone à plus ou moins long terme en charpentes, meubles, papier…etc. ou en remplacement des énergies fossiles dans des foyers de plus en plus performants. Autrement dit : il y a deux fois plus de bois qui pousse que de bois qui est récolté. L’autre moitié pourrit sur pied (ou brûle lors des incendies) en dégageant du CO2 et du CH4 directement dans l’atmosphère. On est donc loin de risquer de menacer les objectifs de réduction du CO2 de l’U.E. en consommant du bois énergie, au contraire.

 

Examinons par exemple le fonctionnement d’un massif cultivé modèle de 1000 ha avec une révolution sur 50 ans où on y coupe 20 ha par an. (Mais d’autres forêts sont gérées sans coupes à blanc suivant le précepte PROSYLVA) Nous avons en permanence dans celui-ci : 20 ha à l’état de coupe rase, 20 ha de 1 an, 20 ha de 2 ans, 20 ha de 3 ans……20 ha de 48 ans, et 20 ha de 49 ans. Soit 20 x 50 = 1000 ha. (Hors catastrophe naturelle bien sûr) Donc : 49 parties boisées sur 50 ; soit 98 % de la surface produisant du bois. Pour produire ce bois, l’arbre assimile et fixe grâce à l’activité de la photosynthèse environ 1 tonne de CO2 pour fabriquer 500 à 600 kg de bois. Parallèlement, il produira 300 à 400 kg d’Oxygène. Cette forêt est une véritable usine à capter le carbone de l’atmosphère, pour fabriquer de l’oxygène et produire du bois qui servira à remplacer les énergies fossiles, (BE = bois énergie) à produire des panneaux, du papier, des emballages (Bois d’Industrie) et à construire des maisons (Bois d’Œuvre). Si cette forêt cultivée a ces 3 débouchés : elle sera vraiment pérenne et durable.

  • Mais, pour conserver cette fonction de « puits de carbone », il est indispensable d’exploiter suffisamment de bois en prélevant autour de 100 % de sa production biologique exploitable ce qui est très loin d’être le cas en France ou n’en prélève que 60 % et ce, en comptant l’auto-approvisionnement des particuliers et l’économie parallèle. Et dans la région méditerranéenne, on en récolte même deux fois moins !
  • Conséquence de cette sous-exploitation : perte de capital économique, sensibilité accrue aux ravageurs et aux phénomènes climatiques extrêmes (sécheresses, tempêtes, incendies)
  • Et au risque d’incendie s’ajoute le brûlage des déchets verts à l’air libre (pourtant interdit !) qui génère une pollution très importante.
  • De plus, cette forêt méditerranéenne s’accroit fortement en surface depuis 50 ans (La région est actuellement boisée à 45 %) ce qui amplifie encore le déséquilibre lié au manque de débouchés.

 

La conversion de la centrale de Gardanne du charbon au bois prend donc tout son sens. Son approvisionnement est bien détaillé dans l’article cité plus haut. Au démarrage, elle consommera  35 % de produits forestiers, 25 % de déchets verts et bois de recyclage et  40 % de plaquettes importées qui tomberont progressivement à zéro en 10 ans. Le rendement de la centrale passant du même coup de 30 % à 41 %. (50 % visé à terme grâce à la valorisation de la chaleur basse température soustraite au condenseur pour alimenter des réseaux de chaleur, des industries et des serres)

Donc, je trouve que cette émission donne une très mauvaise image du bois énergie, la plus importante – et de loin – de toutes les énergies renouvelables au plan mondial, et celle qui a tant d’avantages à faire valoir : renouvelable, stockable, inépuisable, très peu polluante dans les foyers modernes, et surtout… peu chère.

Son potentiel est immense, les plantations forestières qui ne couvrent actuellement que 7 % de la superficie forestière terrestre fourniraient 70 % du bois rond industriel mondial. Et l’évolution des plantations forestières est exponentiel : 18 millions d’ha en 1980, 44 en 90, 100 en 2000, 264 en 2010. Nous ne risquons pas de manquer de bois dans le futur !

Quant aux grincheux qui pestent contre les importations de copeaux ou pellets des USA ou du Canada par bateaux, (transport le moins polluant), je leur répondrai : « On importe bien tout notre pétrole et notre gaz naturel actuellement ! »

Ces importations de bois pour Gardanne, je le rappelle, devant d’ailleurs se terminer en 2026.

Seul bémol que je vois à ce projet : il ne faudrait pas que cette usine « tue » l’usine de pâte à papier de Tarascon à 90 km de là ! Cette dernière appartenant au groupe Indonésien Asia Pulp & Paper consommant actuellement 1 million de tonnes de bois/an.

Donc : Carton rouge pour France 5 qui nous a fourni là une émission totalement orientée, déséquilibrée, loin de la réalité qui ne peut que mettre le doute dans la tête des gens. Mais peut-être est-ce voulu ? Vous avez mis en lumière ce que les spectateurs attendent, pas ce qu’il devraient savoir et c’est vraiment dommage. En tout cas, les producteurs d’énergies fossiles ont dû bien rigoler !

Pourquoi n’avez-vous pas questionné les gens de l’ADEME ? Ils vous auraient dit : « Economie d’énergie fossile, valorisation de la forêt, nouvelles ressources pour l’économie locale, protection de l’environnement et limitation des gaz à effet de serre : voilà une filière exemplaire parce qu’elle intègre tous les paramètres du développement durable ».

Cordialement,

PS : Pour en savoir plus sur les « mensonges » colportés par les écologistes radicaux  sur le bois-énergie, lire aussi : http://www.bioenergie-promotion.fr/40016/le-bois-energie-victime-du-syndrome-small-is-beautiful/

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